Réaliser un meuble de salle de bain

Un meuble de salle de bain pour cette rentrée!

Comme promis, voici une petite présentation d’un meuble de salle de bain « double vasques » dont je vous ai parlé! J’en profite pour évoquer quelques astuces et précautions de réalisation.

L’idée, c’est avant tout de susciter des idées de réalisations pour les mois (ou années) à venir. C’est aussi pour reprendre le cours de ce site après cette pause estivale (même si j’ai essayé de répondre en pointillés aux sympathiques et enrichissants commentaires adressés).

Travail du bois 2009 0044 Réaliser un meuble de salle de bain

C’est une réalisation en chêne datant de 2009 qui tranche avec mes premières réalisations. Les goûts évoluent… L’objectif recherché de cet ouvrage est avant tout la mise en valeur du bois, de son veinage, véritable œuvre d’art à lui seul! Des lignes sobres donc, qui s’accommodent avec le « double vasques » rapporté. Pour finir, on associe des poignées en acier brossé qui apportent une petite touche « design » à cet élément de salle de bain.


Quelques astuces et précautions lors de la réalisation

Les photos suivantes permettent d’illustrer quelques choix de conception et éléments de fabrication que nous allons brièvement présenter.

 

du Mélaminé!

Travail du bois 2009 0039 Réaliser un meuble de salle de bain

Afin de faciliter le nettoyage des 2 placards de rangements du meuble, j’ai choisi de les habiller (uniquement à l’intérieur) avec un mélaminé « chêne mat » vendu en GSB. Pour tout vous dire, il m’a fallu plusieurs années avant de franchir le pas pour associer du mélaminé à certaines de mes réalisations. Aujourd’hui encore, je ne vous cache pas qu’associer du mélaminé et du massif me semble un peu relever de l’hérésie! Finalement le côté pratique l’a emporté sur mes préjugés. A noter que je ne l’utilise ici qu’en faces cachées (faces intérieures par exemple).

Pour le compartiment du milieu recevant les tiroirs, j’ai utilisé une structure en contreplaqué. Cette partie est totalement cachée.

icon wink Réaliser un meuble de salle de bain : L’avantage indiscutable du mélaminé et du contreplaqué, c’est leur stabilité hygrométrique, donc peu sensible aux variations d’humidité. L’inconvénient majeur du mélaminé est sa faible résistance. De plus, je trouve cela assez insupportable à travailler! Il faut user de mille précautions pour éviter les éclats lors d’opérations de sciage ou de perçage.


  Collage d’un revêtement massif sur du mélaminé!

Travail du bois 2009 0041ter Réaliser un meuble de salle de bainVous l’aurez devinez, c’est antinomique! En effet, on vient de souligner que le mélaminé est stable contrairement au bois massif qui reste sensible aux variations de l’humidité ambiante avec pour conséquence des variations dimensionnelles parfois importantes. Je vous renvoie à l’article traitant de l’importance de la prise en compte du paramètre « teneur en eau du bois et humidité ambiante du lieu de destination » lors de la réalisation d’ouvrages.

Alors que faire?

Quelques précautions sont présentées dans l’article cité précédemment. Mais ici, le lieu de destination final de ce meuble – la salle de bain – est naturellement sujet à de fortes variations du taux d’hygrométrie. Il convient dans ce cas de réduire fortement l’épaisseur du panneau associé au mélaminé. « Fortement » signifie « ne pas dépasser 1cm, voir 0,8mm d’épaisseur » si possible. C’est donc le mélaminé qui va encaisser les tensions mécaniques qui résulteront des variations d’humidité. Ne pas oublier non plus de faire une finition sérieuse du panneau massif et ainsi isoler autant que possible le bois de l’air par un produit adéquat (fondur, vernis,…).

Petite astuce pour coller du massif sur du mélaminé

Avec de la colle vinylique classique, l’adhérence avec le mélaminé est désastreuse! Je choisis donc de strier en tous sens préalablement à la défonceuse le revêtement de surface du mélaminé (très dur!) afin d’atteindre l’aggloméré avec lequel la colle adhèrera correctement. Une fraise rainure en V à 90° fait très bien l’affaire avec une passe d’environ 0,5mm à 1mm.


Réalisation des portes

Travail du bois 2009 0041bis1 Réaliser un meuble de salle de bain

Les portes sont massives donc sujet aussi au mouvement du bois en fonction des conditions locales d’humidité. Il conviendra de vérifier la teneur en eau initiale (humidimètre) du bois et de s’assurer qu’il reste cohérent avec le taux d’humidité à l’équilibre dans son emplacement final. De même que précédemment, on n’oubliera pas de les protéger soigneusement lors de la finition.

Fers 2012 053 Réaliser un meuble de salle de bainCôté réalisation, ces portes (ainsi que les façades de tiroirs) sont constituées de plusieurs planches dont on extrait préalablement l’aubier et le cœur. Il faut surtout veiller à contrôler que les cernes (visibles sur la tranche) sont en opposition lors de la phase d’assemblage.

Plusieurs types d’assemblage – que je détaillerai dans un prochain article – sont possibles. J’ai choisi ici un assemblage à entures (en dents de scie) en raison d’une surface de collage doublée. Ce type d’assemblage renforce sensiblement la résistance des portes au niveau de la jonction des planches. De plus, il est assez aisé à réaliser à la défonceuse ou à la toupie avec la fraise ou le fer adéquat.


  Pose des charnières de portes

Sur la photo plus haut, on aperçoit sur les portes, l’emplacement des charnières métal (ici à recouvrement). Le perçage est de ø35mm. L’idéal est de disposer d’une perceuse à colonne mais une simple perceuse permet quand même de faire un travail satisfaisant en étant précis au traçage et en essayant de maintenir l’équerrage.

icon wink Réaliser un meuble de salle de bain : Quelque soit l’outil utilisé, il faut impérativement réaliser des essais sur une pièce martyre afin d’essayer ce type de charnière à recouvrement et s’assurer du bon positionnement de la porte par rapport au bâti. Je ne vous cache pas que la première fois, cela peut un peu déconcerter! Mais, on finit par y arriver et fixer les différents paramètres (profondeur, entraxe,…).


  Quelques mots concernant les tiroirs

Travail du bois 2009 0042bis Réaliser un meuble de salle de bain

Les tiroirs sont aussi en chêne massif sur lequel on viendra visser une façade. Les 3 façades des tiroirs sont issus du même panneau (réalisé comme les portes) afin de conserver une unité.

Comme l’illustre la photo plus haut, les tiroirs sont finis intérieurement et extérieurement. Pour des raisons d’entretien mais aussi d’équilibre du bois lors des variations d’humidité (bon, je sais, j’ai déjà trop insisté sur ce point!)

Fers 2012 054 Réaliser un meuble de salle de bainIci, je ne me suis pas « amusé » à faire des queues d’aronde! Ceci pour des questions de temps mais aussi parce que ce type de meuble ne s’y prête pas bien à mes yeux. J’ai donc simplement opté pour 2 fers standards pour assemblage à 45° (bouvetage).

Attention ce type de fers nécessite un réglage très précis même si ensuite cela permet de réaliser des « kilomètres » d’assemblage. Il y a une autre difficulté à souligner : il faut réaliser un montage d’usinage pour tenir verticalement les côtés lors de l’usinage.

 

Les fonds sont constitués en contreplaqué recouvert (par collage) d’un tapis antidérapant comme on peut en trouver dans les éléments de cuisine. Je me le suis procuré à Leroy Merlin, vendu en rouleau en 50x100cm.

Travail du bois 2009 0052 Réaliser un meuble de salle de bain

Un dernier mot sur les tiroirs : je n’ai pas pu m’empêcher de donner une touche un peu « pro » pour impressionner certainement mon épouse! J’ai ajouté ces tiges en alu que l’on trouve facilement en GSB.

Encore une fois, il faut être précis lors du traçage et s’assurer de la perpendicularité du perçage sous peine de ne pas pouvoir monter les tiges!

Les glissières ici sont de simples glissières à billes peu onéreuses qui remplissent convenablement leur fonction. On fait aujourd’hui des glissières incroyables avec amortissement ou encore commandées électriquement sur simple pression de la façade! Et vous pouvez imaginer le prix!


Un dernier point : la finition

Finition 00 Réaliser un meuble de salle de bain

Comme vous le savez déjà, un bel ouvrage peut être fichu lors de cette ultime étape!

Il s’agit ici, d’une part de mettre en valeur l’essence du bois – objectif recherché évoqué en début d’article -, d’autre part, il convient de protéger ce meuble de l’humidité et projections d’eau caractéristique d’une salle de bains.

J’ai opté pour des produits de qualité avec un fondur passé en 2 couches à la mèche de coton, puis un vernis vitrificateur (3 couches) appliqué au pinceau. Contrairement au fondur, le vernis fait relever les pores du chêne (malgré les 2 couches de fondur). Il faut donc impérativement faire précéder cette étape d’un mouillage à l’eau (tiède ou chaude) puis d’un ponçage soigné.

C’est un moment assez particulier car pour qui aime le bois aux dessins indéfinis et sans cesse renouvelés, cette dernière étape en révèle toute la beauté. Il y a donc de l’émotion au rendez-vous!

Travail du bois 2009 0044bis Réaliser un meuble de salle de bain

 


Comme d’habitude, n’hésitez pas à réagir à cet article, commenter ou poser toutes sortes de questions!

 

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8 commentaires : Réaliser un meuble de salle de bain

  1. Pascal says:

    Bonjour, encore un sujet à point, je suis sur un projet identique de meuble en frêne accueillant un plan-vasque pour terminer une salle de bains. Je suis donc intéressé par des détails techniques de votre ouvrage et quels assemblages vous avez choisi pour la structure par exemple.
    Le résultat est magnifique, merci des trucs spécifiques à l’ambiance sdb.

    Bien cordialement,
    Pascal

    • Yves Martin says:

      Bonsoir Pascal,

      Tant mieux si ce sujet t’a plu et que tu peux y puiser quelques idées. Je suis sûr que ton projet sera magnifique avec en plus, du frêne qui est une bien belle essence (et pas seulement réservé aux manches de pioches, pelles, bêches!).
      Concernant l’assemblage proprement dit des traverses avec les côtés du meuble, j’ai utilisé une lamello (marque Kress) pour introduire des lamelles de 20. N’oublie pas que l’intérieur est en mélaminé. C’est donc l’assemblage (invisible : sans quincaillerie) le plus solide que je connaisse dans ce cas! Ce n’est pas non plus un meuble de style ou traditionnel. Donc je n’ai pas eu d’état d’âme. En plus, c’est rapide!
      N’hésite pas à me solliciter si tu as d’autres questions!

      Bien amicalement,

      Yves Martin
      (avbois.com)

      PS : Pardon si je suis passé au tutoiement mais c’est le mode adopté généralement dans un blog entre passionnés. Ne pas hésiter à me tutoyer!

  2. Pascal says:

    Bonjour Yves,
    désolé pour le « vous ». Je crois qu’en fait le site perso rapproche plus et ne se connaissant pas encore…
    J’aimerais ton avis:
    les portes ressemblent à mon projet et je me demandais si le simple bouvetage sans traverse pour ‘tenir » le panneau suffirait à garder le plan. Avec le temps, (et les précautions que tu donnes) tes portes sont elles restées bien planes, dans cette hygrométrie très variable? En quelle épaisseur as-tu jugé adapté de les fabriquer?

    Pourquoi penses-tu que les panneaux des côtés auraient plus facilement bougé que les portes? Leur dimensions semblent voisines. Du coup as-tu assemblé d’abord le panneau de 1cm avant de le coller sur le mélaminé rayé?

    Merci de ton aide
    Bien cordialement
    Pascal

    • Yves Martin says:

      Bonsoir Pascal,

      Pas de problème pour le « vous », le « tu ». Cela reste à la convenance de chacun comme il le sent!

      En effet, les portes sont massives « sans cadre ». Le défi dans ce cas, c’est en effet qu’elles restent planes dans le temps. Pour cela :
      - on vérifie la teneur en eau de son bois (ou on entrepose 2 à 3 semaines ses planches dans l’environnement final de l’ouvrage),
      - on sélectionne préférentiellement des planches sur quartier et non sur dosse en prenant soin de retirer le coeur (et l’aubier)–> voir article sur panneau (1/3). Si on n’a pas ou plus de quartier, il faut enlever le maximum de coeur de la planche extraite de la dosse. Il vaut mieux une porte stable constituée de 5 éléments, qu’une porte « instable » faite en 2 éléments. Il faudra juste prendre soin de bien associer les éléments pour un beau rendu (appairage —> voir aussi article sur panneau (1/3))
      - on protège soigneusement les portes recto-verso par un produit de finition type vernis. Ne pas hésiter à mettre de nombreuses couches afin d’imperméabiliser les portes (même beaucoup plus que 3 couches!). Ainsi, malgré les variations d’humidité du local, les portes resteront « insensibles ». Mais, il faudra surveiller dans le temps l’état de la finition de tes portes (par exemple, si elles reçoivent des éclaboussures d’eau chaude qui peuvent à terme ramollir le vernis!)

      Pour répondre à ta question, mes portes sont bouvetées à entures (assemblage très solide) et font 32mm d’épaisseur. Les portes du meuble « double vasque » présentées n’ont pas bougé contrairement à celles d’un autre meuble de salle de bain réalisé un an plus tôt (je n’avais pas respecté les critères précédents).

      Oui, j’ai d’abord réalisé des panneaux avant de les associer au mélaminé. Plus encore que pour les portes, il est certain que les côtés massifs doivent être stabilisés puisqu’ils sont rapportés sur du mélaminé quasi-insensible aux variations d’humidité.

      Amicalement,

      Yves Martin
      (avbois.com)

  3. drouard says:

    bonjour
    j’ai utiliser le bouvetage a 45 avec une belle fraise toute neuve
    et petit cote du tiroir le montage d’usinage ?
    je ne sais pas
    enfin pas de solution satisfaisante
    merci de vos lumiere

    • Yves Martin says:

      Bonsoir,

      Pourriez-vous joindre un croquis pour mieux saisir votre problème et vous donner une réponse précise?
      Je pense que vous voulez parler du bouvetage à 45° qui nécessite un montage d’usinage et un réglage précis. Il est vrai que c’est un peu délicat la première fois!
      Cordialement,

      Yves Martin
      (avbois.com)

      • drouard says:

        bonjour
        merci de votre reponse
        le premier angle a plat sur la table pas trop de probleme
        mais le deuxieme verticale meme avec un guide continu
        si le cote fait 5 cm
        j’ai fixe par des vis sur un guide (si possible du cote interne !)
        ou bien faire une planche large et coupe a la bonne largeur apres !
        il y a t il une methode plus pro
        bonne fete a tous

        • Yves Martin says:

          Bonjour,

          Pour vous répondre précisément, comme indiqué dans mon précédent message, il me faudrait un croquis avec les dimensions de votre assemblage et celles de votre outillage. 5cm me paraît important comme assemblage. De quel outillage disposez-vous?
          Concernant l’usinage vertical, on peut fixer la pièce avec des sauterelles ou à défaut avec des serre-joints.
          Cordialement et bonnes fêtes à vous aussi.

          Yves Martin
          (avbois.com)

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